Grippe aviaire : le risque relevé à « modéré » en France métropolitaine

Un arrêté publié mercredi relève dès demain le niveau de risque sur le territoire métropolitain, sur fond de circulation accrue du virus chez les oiseaux migrateurs.

Le risque lié à la grippe aviaire sera relevé demain sur l’ensemble du territoire métropolitain, passant de « négligeable » à « modéré ». La décision figure dans un arrêté publié ce mercredi au Journal officiel. Le nouveau classement correspond au deuxième niveau d’une échelle qui en comprend trois. Les autorités entendent ainsi accroître la surveillance et la prévention sans attendre une éventuelle aggravation de la situation sanitaire. Ce changement met fin à plusieurs mois durant lesquels le risque était considéré comme négligeable.

Cette évolution intervient dans un contexte de circulation accrue du virus de l’influenza aviaire hautement pathogène parmi les oiseaux sauvages migrateurs de plusieurs pays voisins. Leurs déplacements saisonniers constituent un motif d’inquiétude pour les autorités sanitaires, qui craignent une introduction du virus dans les élevages français de volailles. Le relèvement du risque répond à cette menace potentielle : il ne signifie pas que le virus a déjà été introduit par ces oiseaux dans les élevages du territoire métropolitain.

Le passage au niveau modéré s’accompagne de précautions supplémentaires dans les zones jugées particulièrement exposées. Parmi elles figurent les zones humides fréquentées par les oiseaux migrateurs, ainsi que certains secteurs où les élevages sont nombreux. Les professionnels concernés doivent mettre en œuvre des mesures de biosécurité pour réduire les possibilités de contact entre leurs volailles et les oiseaux sauvages susceptibles de transporter le virus. Ces précautions s’inscrivent dans le renforcement de la prévention prévu par le nouveau classement.

Le niveau de risque avait été ramené à « négligeable » le 3 juin, après l’épisode épidémique de l’hiver 2025-2026. Depuis l’automne 2023, la France dispose aussi d’un outil de prévention supplémentaire : la vaccination des canards est obligatoire dans les élevages dépassant 250 animaux, sous réserve des règles applicables. Associée à la surveillance, cette stratégie vaccinale a contribué à limiter l’ampleur des épisodes épidémiques observés ces dernières années. Le nouveau classement intervient donc après une période d’accalmie, mais dans un contexte de vigilance accrue.

Cette accalmie n’avait pas exclu toute détection du virus dans les élevages. Début septembre, un foyer de grippe aviaire hautement pathogène avait été identifié dans une exploitation de canards du Maine-et-Loire. Près de 7.600 animaux avaient alors été abattus pour empêcher une propagation à d’autres exploitations. Ce cas illustre la fragilité de la situation sanitaire, sans établir à lui seul que les migrations actuellement surveillées sont à l’origine de la contamination. Le risque relevé demeure une mesure de prévention.

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