GiFi placé en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Toulouse
L’enseigne de magasins à petits prix a demandé la protection du tribunal. Une période d’observation de six mois s’ouvre, tandis que l’avenir de ses salariés reste incertain.
Le tribunal de commerce de Toulouse a placé GiFi en redressement judiciaire, à la demande du groupe français spécialisé dans les articles à petits prix. Cette décision ouvre une période d’observation de six mois, durant laquelle l’activité doit pouvoir se poursuivre et des solutions être recherchées face aux difficultés financières. L’avenir des 6.000 salariés des magasins en France reste incertain. Une nouvelle audience est prévue le 8 janvier pour examiner si l’entreprise possède les ressources nécessaires à la poursuite de son fonctionnement.
Les problèmes de GiFi tiennent notamment à un changement de système informatique intervenu en 2023. La gestion des stocks, les commandes et l’approvisionnement des points de vente ont été profondément perturbés, avec des effets durables sur les ventes. L’enseigne évolue aussi dans un secteur marqué par la concurrence d’Action et de Maxibazar, ainsi que par celle de plateformes chinoises comme Temu. Fondé en 1981 par Philippe Ginestet à Villeneuve-sur-Lot, dans le Lot-et-Garonne, le groupe possède désormais plus de 500 magasins en France.
Les conditions météorologiques défavorables depuis le printemps 2024 ont également affecté les ventes de produits saisonniers, qui représentent environ la moitié du chiffre d’affaires. L’activité a ensuite fortement reculé en juillet et en août, aggravant la situation. GiFi a alors évalué son besoin de trésorerie entre 25 et 30 millions d’euros dès octobre. Les solutions financières envisagées n’ayant pas abouti à temps, la direction a sollicité la protection du tribunal afin d’éviter l’arrêt immédiat de l’activité.
Avant cette procédure, GiFi avait envisagé en 2025 une restructuration portant sur environ 5 % de ses effectifs, projet finalement interrompu. Le groupe a aussi engagé des discussions avec Grand Frais en vue de lui céder une trentaine de magasins, dans l’espoir d’alléger ses difficultés financières. Ces démarches s’inscrivent dans une période de tensions pour l’enseigne, confrontée à des perturbations internes et à un marché concurrentiel. La procédure doit désormais permettre la recherche de solutions tout en maintenant l’activité.
À ce stade, le devenir des emplois n’est pas fixé. Patrick Puy, récemment nommé à la tête du directoire, affirme que le redressement judiciaire ne provoque pas automatiquement de suppressions de postes et dit vouloir préserver le maximum de salariés. L’inquiétude est forte au siège de Villeneuve-sur-Lot, où travaillent quelque 630 personnes. Un comité social et économique extraordinaire doit se réunir demain matin pour informer les représentants du personnel et examiner les conséquences de la décision judiciaire.