Une campagne contre Bolloré annoncée après une action dans un Relay parisien
Une coalition prévoit dix jours d’actions contre l’influence de Vincent Bolloré. Des militants ont déjà vidé des rayons d’un Relay à Paris, suscitant des protestations.
Une mobilisation visant Vincent Bolloré est annoncée du 4 au 13 décembre dans plusieurs villes françaises. La coalition Désarmer Bolloré figure parmi les initiatives à l’origine de cette campagne, qui entend contester l’influence du chef d’entreprise dans les médias, l’édition et la distribution de la presse. Les organisateurs appellent à multiplier les actions militantes. CNews et ses journalistes, les boutiques Relay ainsi que les cinémas UGC figurent parmi les cibles mentionnées dans le cadre de cette contestation.
Avant cette campagne, une trentaine de militants d’extrême gauche opposés à Vincent Bolloré ont mené une opération dans un magasin Relay de la gare Montparnasse, à Paris. Membres des collectifs Alternatiba et ANV-COP21, ils ont retiré les ouvrages des présentoirs ainsi qu’une partie des magazines en rayon. En quelques minutes, ils ont rempli une vingtaine de cartons de déménagement, ensuite déposés devant l’entrée du commerce. La scène s’est déroulée sous les yeux de voyageurs présents dans la gare.
Les participants voulaient dénoncer ce qu’ils considèrent comme un monopole de Vincent Bolloré sur la distribution de la presse dans les gares françaises. Ils ont aussi installé des rubans évoquant une scène de crime climatique et montré des pancartes hostiles au milliardaire. Relay appartient à Lagardère Travel Retail, filiale du groupe Lagardère. Ce dernier est passé sous le contrôle de Vincent Bolloré fin 2023, selon les éléments disponibles sur cette opération menée à Montparnasse.
L’intervention a provoqué la colère de plusieurs voyageurs, qui ont contesté la méthode choisie par les militants. Un client a notamment mis en cause son caractère démocratique. Un autre a souligné que les titres retirés comprenaient Le Monde, journal qui n’appartient pas à Vincent Bolloré. Une employée du commerce a pour sa part dénoncé le désordre laissé dans le magasin et expliqué que les salariés devraient remettre en place les journaux et les magazines.
Les militants sont partis rapidement lorsque des agents de sécurité sont arrivés. Les premiers comptes rendus ne signalent aucune interpellation à la suite de l’opération. Ils ne précisent pas non plus le sort ultérieur des cartons déposés devant la boutique. L’action parisienne précède la période annoncée pour la mobilisation nationale ; les informations disponibles ne détaillent pas les initiatives prévues dans chaque ville ni les modalités des campagnes visant CNews, ses journalistes et les cinémas UGC.