Les Banques alimentaires lancent leur 42e collecte nationale
Jusqu’à dimanche, les Banques alimentaires recueillent des dons destinés à leurs associations partenaires, dans un contexte de tensions sur le pouvoir d’achat.
Les Banques alimentaires ont lancé leur 42e collecte nationale pour soutenir les 2,4 millions de personnes qui bénéficient de leur aide. L’opération intervient alors que les difficultés liées au pouvoir d’achat alimentent la contestation sociale. Les responsables du réseau alertent sur une précarité qui s’inscrit dans la durée. Leur objectif est de réunir assez de dons pour fournir l’équivalent de 20 millions de repas aux plus de 6 000 associations partenaires. La collecte se poursuit jusqu’à dimanche.
Pour recueillir ces contributions, 128 000 bénévoles portant des gilets orange se mobilisent dans près de 9 000 lieux. Les personnes souhaitant participer peuvent donner des denrées, mais aussi des produits d’hygiène essentiels. La collecte ne se limite pas aux supermarchés : elle est également organisée dans des écoles, des mairies et des entreprises. Ces points de dépôt doivent permettre d’alimenter les associations auxquelles le réseau destine les produits reçus pendant l’opération.
Cette année, le calendrier a été modifié : la collecte se tient trois semaines plus tôt que d’ordinaire. Elle était traditionnellement organisée lors du dernier week-end de novembre. La Fédération française des banques alimentaires a choisi de l’avancer pour éviter la concurrence du Black Friday et des premières dépenses de Noël. Son président, Jean-Louis Duprez, estime que la fin de novembre est une période de plus en plus encombrée pour cette mobilisation solidaire.
Le président de la fédération décrit une fin d’année marquée par des revendications sociales qu’il juge justifiées. Il signale le retour d’une pauvreté structurelle, qui s’installe et touche un public plus diversifié. Parmi les personnes accueillies figurent davantage d’étudiants, de familles monoparentales et de retraités. Le responsable mentionne aussi la présence de travailleurs pauvres parmi les bénéficiaires, un phénomène observé depuis quatre ou cinq ans par les Banques alimentaires, selon lui.
Le nombre de bénéficiaires est resté stable depuis deux ans, mais cela ne signifie pas que leurs besoins le sont : Bernard Bonnes, vice-président de la fédération, constate des visites plus fréquentes dans les associations. Les dons du public constituent par ailleurs environ 9 % des ressources du réseau. Son approvisionnement dépend aussi de produits provenant des supermarchés, de l’industrie agroalimentaire et des agriculteurs, ainsi que du soutien de l’État et de l’Union européenne.