Corrèze : plus de 22 tonnes de protoxyde d’azote saisies sur l’A89

Les gendarmes ont découvert la cargaison dans un poids lourd contrôlé au péage de Saint-Germain-les-Vergnes. Le conducteur a été remis en liberté et l’enquête se poursuit.

Plus de 22 tonnes de protoxyde d’azote ont été saisies en Corrèze après l’interception d’un poids lourd sur l’autoroute A89. Le contrôle, réalisé par les gendarmes le 27 octobre au péage de Saint-Germain-les-Vergnes, a révélé une cargaison d’environ 4.000 bouteilles. Le parquet de Tulle a annoncé cette découverte hier. Les investigations se poursuivent afin d’éclaircir les circonstances dans lesquelles ce gaz était transporté à bord du camion. Elles n’ont pas encore permis aux autorités judiciaires de préciser publiquement son trajet.

Le conducteur du poids lourd, âgé de 28 ans, a été placé en garde à vue à la suite du contrôle, avant d’être remis en liberté. Les premiers éléments recueillis portent notamment sur la présentation des bonbonnes saisies : certaines renfermaient entre un et trois litres de gaz. Leur conditionnement conduit les enquêteurs à envisager une commercialisation pour un usage récréatif. Cette hypothèse ressort des premières constatations et ne constitue pas une conclusion définitive sur la destination de la cargaison.

Le protoxyde d’azote possède des usages bien établis dans plusieurs secteurs. Il est employé en médecine pour ses propriétés anesthésiantes et dans l’industrie alimentaire, notamment avec les siphons à chantilly. Il fait toutefois l’objet d’un détournement croissant à des fins récréatives. Inhalé, souvent au moyen de ballons, il peut entraîner une euphorie et modifier les perceptions pendant quelques minutes. Cette utilisation expose aussi à des troubles neurologiques, à des atteintes de la moelle épinière et à des complications cardiovasculaires.

La découverte en Corrèze intervient alors que les trafics se multiplient, dans un contexte de demande croissante et de vente de bonbonnes de grande capacité. Une autre opération, menée en septembre à Montauban, dans le Tarn-et-Garonne, puis dans le Gers, avait permis de saisir environ 30 tonnes de protoxyde d’azote. Cette cargaison représentait quelque 6.000 bouteilles et sa valeur marchande avait été estimée à 665.000 euros. Les montants en jeu rendent ce marché susceptible d’attirer des réseaux criminels organisés.

Dans l’affaire du poids lourd contrôlé sur l’A89, plusieurs points restent à établir. Les autorités judiciaires n’ont pas indiqué officiellement d’où provenait exactement le gaz ni où il devait finalement être livré. L’usage récréatif envisagé repose, à ce stade, sur les premiers éléments relatifs au conditionnement des bonbonnes. La remise en liberté du conducteur ne met pas fin aux investigations : celles-ci doivent encore déterminer les circonstances du transport découvert lors du passage au péage corrézien, selon les éléments communiqués.

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