Fausses alertes à la bombe : Paris enquête sur une possible ingérence étrangère
Après des alertes visant des vols en Europe, le parquet de Paris cherche à identifier les auteurs des courriels et à établir leurs éventuels liens avec l’étranger.
Le parquet de Paris a annoncé, samedi 7 novembre, l’ouverture d’une enquête sur les fausses alertes à la bombe visant des avions de ligne. Les investigations portent notamment sur les appareils survolant la France et sur une possible implication de puissances étrangères. Les magistrats cherchent à identifier les personnes à l’origine de courriels anonymes faisant état d’explosifs à bord, ainsi qu’à comprendre leurs motivations. Une opération organisée depuis l’étranger figure parmi les hypothèses examinées, sans être établie à ce stade.
Jeudi, un vol Aer Lingus reliant Dublin à Rome a été dérouté vers la base militaire d’Évreux, dans l’Eure, après une alerte. L’Airbus A320 transportait 157 personnes et a été intercepté par des avions de chasse français avant son atterrissage. Vendredi, quatre autres alertes ont concerné des appareils survolant la France. Des équipes de déminage ont procédé à des vérifications de sécurité ; les quatre avions se sont posés sans encombre, selon une source informée du dossier.
La destination de ces quatre appareils fait toutefois l’objet d’informations divergentes. Une première source indique qu’ils ont tous atterri à Orly. Une autre précise que trois se sont posés dans cet aéroport et le quatrième à Bordeaux. Au-delà de ces vols, des avions ont aussi été visés en Pologne, en République tchèque, en Autriche, en Bulgarie et en Italie. Certaines alertes ont entraîné l’intervention d’appareils militaires, tandis que des médias irlandais, britanniques et français ont également reçu des messages menaçants.
Depuis le début de la semaine, des dizaines de vols commerciaux ont été touchés en Europe. Les alertes ont provoqué des retards et des déroutements, ainsi que des évacuations et des fouilles d’avions. Le gouvernement irlandais a évoqué une probable campagne coordonnée destinée à provoquer des perturbations. Les services de renseignement européens étudient eux aussi l’hypothèse d’une action concertée visant les transports et cherchant à susciter un sentiment d’insécurité. Les services de sécurité sont mobilisés pour répondre à ces menaces.
Des messages adressés aux aéroports de Rome et de Sofia revendiquaient des alertes au nom d’un groupe dont l’appellation évoque un mouvement ultranationaliste russe. Cette revendication n’a pas été authentifiée et le chef du mouvement a démenti toute implication. Elle ne suffit pas à établir un rôle de la Russie. Aucun explosif n’a été découvert dans les avions inspectés et aucune victime n’a été signalée. L’enquête doit encore déterminer si les alertes sont liées ou émanent de plusieurs auteurs agissant séparément.